En bref
- « Liberté, Égalité, Fraternité » est la devise de la République, inscrite à l'article 2 de la Constitution.
- Née pendant la Révolution de 1789, elle est officialisée en 1848 puis gravée sur les bâtiments publics à partir de 1880.
- Liberté : faire tout ce qui ne nuit pas à autrui. Égalité : mêmes droits, même loi pour tous. Fraternité : la solidarité entre citoyens.
- On la voit sur les mairies, les écoles, les timbres, les pièces de 1 et 2 euros et le logo de l'État.
- À l'examen civique, elle tombe dans le thème « Principes et valeurs de la République », le premier du programme.
Thème officiel « Principes et valeurs de la République » : 11 questions sur 40 à l'examen civique, seuil 32/40.
1D'où vient la devise
La formule naît pendant la Révolution française. Dès 1790, on la lit sur des cocardes et des drapeaux, et les clubs révolutionnaires l'associent volontiers à la Nation. Elle n'est pourtant pas la seule : d'autres slogans circulent, parfois complétés d'un menaçant « ou la mort ». Sous l'Empire et la Restauration, elle disparaît des documents officiels.
C'est la IIe République, en 1848, qui la retient comme principe officiel de la République. Puis la IIIe République la fait graver sur le fronton des bâtiments publics à partir de la fête nationale du 14 juillet 1880 : mairies, écoles, tribunaux. Enfin, les Constitutions de 1946 et de 1958 l'inscrivent dans le texte fondamental : l'article 2 de la Constitution actuelle énonce que « la devise de la République est Liberté, Égalité, Fraternité ».
L'article 2 de la Constitution, en entier
Il fixe en quatre phrases les symboles de la République : la langue (le français), l'emblème (le drapeau tricolore), l'hymne (La Marseillaise), la devise, et le principe « gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple ». Une question sur l'un renvoie souvent aux autres, voir les symboles de la République.
2Liberté : le premier mot
La liberté est définie par la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789, article 4 : « La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui. » Elle n'est donc pas sans limite : ma liberté s'arrête là où commence celle des autres, et c'est la loi qui trace la frontière.
Elle se décline en libertés concrètes que l'examen aime vérifier : liberté d'opinion et d'expression, liberté de conscience et de religion (garantie par la laïcité, loi de 1905), liberté de circulation, liberté de réunion et d'association, liberté syndicale, liberté de la presse. Toutes peuvent être encadrées par la loi, jamais supprimées.
3Égalité : la même loi pour tous
L'égalité de la devise est d'abord l'égalité en droits : « Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits » (DDHC, article 1er). Elle signifie que la loi est la même pour tous, qu'elle protège ou qu'elle punisse (article 6), et que chacun accède aux emplois publics selon ses capacités, sans distinction de naissance.
Elle est complétée par l'égalité entre les femmes et les hommes, inscrite dans le préambule de la Constitution de 1946 et rappelée à l'article 1er de la Constitution de 1958, et par l'interdiction des discriminations (origine, religion, sexe, handicap, orientation sexuelle…). L'égalité n'est pas l'uniformité : elle n'interdit pas les différences, elle interdit qu'elles créent des droits différents.
Le piège classique du QCM
« Égalité » ne veut pas dire que tout le monde gagne la même chose ni que tous les impôts sont identiques. Elle signifie l'égalité devant la loi et des droits. L'impôt, lui, est réparti « en raison des facultés » de chacun (DDHC, art. 13) : c'est de la fraternité, pas de l'égalité arithmétique.
4Fraternité : la solidarité entre citoyens
La fraternité est le mot le plus difficile à définir, et donc celui que les questions abordent par ses applications. Elle désigne la solidarité : l'entraide entre les membres de la société et la protection des plus fragiles. Concrètement, elle fonde la Sécurité sociale créée en 1945, les aides sociales, les services publics gratuits ou presque (école, hôpital), et l'impôt réparti selon les moyens de chacun.
Le préambule de la Constitution de 1946 en donne la traduction juridique : la Nation « garantit à tous la protection de la santé, la sécurité matérielle, le repos et les loisirs ». Payer ses impôts, déclarer ses revenus, respecter les règles communes sont présentés à l'examen comme des devoirs qui expriment cette fraternité.
5Où voit-on la devise
Partout où l'État se montre. Sur le fronton des mairies et des écoles publiques, sous le drapeau tricolore. Sur le logo de la République française utilisé par les ministères, préfectures et sites officiels, qui associe le profil de Marianne, le drapeau et la devise. Sur les pièces françaises de 1 et 2 euros, autour de l'arbre de vie. Sur les timbres, les cartes d'électeur, les en-têtes des documents officiels.
Vous la retrouverez aussi le jour de votre cérémonie d'accueil dans la citoyenneté française, en préfecture ou en mairie : la Charte des droits et devoirs du citoyen français, que vous aurez signée au dépôt du dossier, rappelle ces trois mots et ce qu'ils engagent.
Et l'entretien ?
À l'entretien de naturalisation, l'agent peut vous demander la devise et, surtout, ce qu'elle signifie pour vous. Préparez une phrase par mot, avec un exemple de votre vie en France. Le QCM, lui, ne demande que la connaissance.
6Ce que l'examen civique demande
La devise relève du thème 1 du programme officiel, « Principes et valeurs de la République », qui pèse 11 questions sur 40 dans l'examen civique. Les questions vont dans quatre directions : identifier la devise parmi des intrus (hymne, slogan, parti), la situer (article 2 de la Constitution), expliquer un des trois mots, et relier une situation de la vie quotidienne au mot qui la traduit.
Les distracteurs habituels : confondre la devise avec le titre de l'hymne, placer sa naissance en 1958, ou prendre la fraternité pour de la charité privée alors qu'elle désigne la solidarité organisée par la loi. Testez-vous juste en dessous, puis sur l'examen blanc gratuit.
Testez-vous : 5 questions officielles sur ce thème
Les mêmes questions que dans la banque de l'examen. Cliquez sur une réponse, la correction et sa source s'affichent.
1. Que désigne l'expression « Liberté, Égalité, Fraternité » ?
2. Que signifie la devise « Liberté, Égalité, Fraternité » dans la vie quotidienne ?
3. Que traduit la valeur de fraternité au quotidien ?
4. A quoi servent principalement les impôts ?
5. Comment la Constitution définit-elle la République française ?
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Questions fréquentes
Quelle est la devise de la France ?
« Liberté, Égalité, Fraternité ». C'est la devise officielle de la République française, inscrite à l'article 2 de la Constitution du 4 octobre 1958.
Depuis quand « Liberté, Égalité, Fraternité » est-elle la devise officielle ?
La formule apparaît pendant la Révolution de 1789, devient un principe officiel de la République en 1848, est gravée sur les bâtiments publics à partir du 14 juillet 1880 et figure dans les Constitutions de 1946 et de 1958.
Que signifie le mot fraternité dans la devise ?
La solidarité entre les membres de la société : l'entraide et la protection des plus fragiles. Elle se concrétise par la Sécurité sociale, les aides sociales et l'impôt réparti selon les moyens de chacun.
Où est inscrite la devise de la République ?
Dans la Constitution (article 2), sur le fronton des mairies et des écoles, sur le logo officiel de la République, sur les pièces françaises de 1 et 2 euros, sur les timbres et les documents administratifs.
La devise est-elle demandée à l'examen civique ?
Oui. Elle relève du thème « Principes et valeurs de la République », 11 questions sur 40. On demande de la reconnaître, de la situer dans la Constitution, d'expliquer un de ses mots ou de le relier à une situation concrète.